le sel de la fadeur

le sel de la fadeur

Le sel de la fadeur

Livre paru aux éditions Jacques Flament

Pages : 84

Format 130×200

Prix: 10 €

il n’y a jamais eu d’histoire, la suite revient toujours à cette parole autour d’une impossibilité, à cette violence du rien comme un désir

Editions Jacques Flament

Les années grises

Les années grises

Livre paru aux éditions Jacques Flament

les années grises, livre paru aux éditions Jacques Flament

livre édité par les éditions jacques flament

Pages : 118

Format 130×200

Prix : 10 €

Ce livre d’esquisses est le lieu sans lieu, le nom sans nom, le tombeau effacé d’un coup de naissance parti en fumée. Un amour. Un ange. Un bâton brûlé par un sourire.

Les deux noms d’une frontière


les deux noms d'une frontière

Les deux noms d’une frontière

Livre paru aux éditions Jacques Flament

L’humain n’est ni dans la peinture ni dans l’écriture, mais à cette limite qui possède les deux noms d’une frontière.

La peinture excède son croissant, sa mutilation, son éclipse. La mort de la peinture n’est pas une découverte, doit être complétée en excès par une face cachée, un dehors.
Il ne sera donc question, dans ce texte, que de ce qui est impossible à la peinture, impossible à sa mort : son visage.

ISBN : 978-2-36336-294-0
PAGES : 316
FORMAT : 145×200
PARUTION : 01/2017
COLLECTION : Figures
PRIX : 20 €

Editions Jacques Flament

éclipses

ÉCLIPSES, ANATOMIES PAR TEMPS DE NUIT – YVON CANOVA

La nuit enfin. Elle est sans lune, sans astre. C’est le désastre qui, plus qu’il ne l’éclaire, est cet éclat en elle inachevé. Le peintre accouche d’une nuit dont il livre à la fois le déchirement et l’éclat. Fragments d’abîme cette nuit est conçue pour accoucher du jour. Rapée jusqu’à l’os, toujours au même endroit, elle est faite pour endurer des naissances.

Editions Jacques Flament

quand le visage perd sa face

Les questions portent en soi déjà un contenu. On pourrait presque s’en tenir là, à cette lecture, dans sa forme de réponse interrogative.

Que regardent tes personnages, si tant est qu’ils puissent encore voir quelque chose à travers la gangue visqueuse qui semble entourer leur visage ?

Rien. Le noir mat d’une pure acuité, sans objet à voir. S’il y a regard, et que ce regard se donne à voir, c’est pour montrer aussi que des yeux pleins de ce noir ne sont pas des yeux aveugles. Qu’il y a un rien voir, au delà de l’interrogation du regard; une sorte de neutralité qui à sa manière, sans vouloir violer cette nuit sur quelque chose à saisir en son fond, donne juste profondeur à ce rien.

Cette « gangue visqueuse », autrefois, on appelait ça, le masque sacré.

C’est quoi cette encre noire qu’ils habitent ?

Est-ce leur créations intime , ou est-ce leur niche écologique naturelle ?

Ce noir d’encre, comme tu le qualifies, c’est lui qui ici même nous fait écrire en devenant l’objet d’une autre sorte d’acuité.

Ce noir n’est pas seulement un habitat, ou en tant qu’habitat c’est lui qui me permet d’envisager la présence elle-même comme un seuil. Le rapport n’est pas entre un lieu et son habitant, mais entre un lieu et son seuil.

Tu es forcément conscient de cette même image prototypique que tu reproduits sans cesse, sorte d’attracteur étrange qui t’obsède !

Que cherches tu par cette inflation du « même » ?

Il ne s’agit pas là d’un prototype, mais d’une identité particulière, d’une identité de peinture, d’une fidélité par la peinture à ce qui en tant que personne ne peut être nommé, mais qui s’entend à répondre au regard, non à cet appel que lance le nom.

Une identité, un corps de peinture qu’appelle le regard.

Je crois aussi que la peinture par ce retour au même se questionne sur ce qu’est, non pas la nudité d’un corps, mais sur cette invariable que serait une nudité de peinture, c’est à dire son creux, sa cavité, sa première question questionnée à son tour dans une sorte de jeu de miroir. Ce que dévoile en fait la peinture, c’est le côté « opposition du même » du questionnement.

Je pense aussi que la répétition est une manière de déjouer le calque, de marquer entre deux toiles cette intimité ou petite différence par laquelle la peinture peut encore s’ouvrir à un sens possible.

Chercherais tu à la rogner au point de percer l’image en son fond le plus intime ?

Que sens tu poindre par derrière ?

Je pense que cette question n’appelle pas de réponse, qu’elle est pertinente en tant que question, mais qu’il n’y a pas lieu d’en jouir, que ce trou n’est pas objet de désir, mais accueil d’une charge neutre, qu’une parole dans cette vide résonance ne peut commencer qu’à partir d’elle-même et se poursuivre à sa manière, c’est à dire presque sans voix, dans une forme de gris prononcé. Ou pour dire ça autrement, ce qui est derrière, ça doit rester une question. Il y aurait illusion à vouloir dire ça, la trame de la trame, ce sens fait d’usure. 

la défiguration en art (avant propos)

Une génération d’artistes se trouve réunie ici, non sur la base d’affinités électives diffuses ou plus précisément encore d’une vision du monde commune, mais parce qu’elle partage un ensemble de gestes, d’actes qui, s’ils étaient appliqués à autre chose qu’à de la matière inanimée, susciteraient le scandale – littéralement, les feraient trébucher pour sombrer dans le mal et entraîneraient la réprobation collective. Un objet, plus précisément un sujet, concentre leurs attaques : le « visage », la « face », le « portrait », la « figure », selon les contextes, les registres où il/elle apparaît. Chacune de ces expressions suscite une dimension – l’apparence, la frontalité, l’identité, l’intangibilité de la forme – que vise ce geste commun à tous ces artistes, que j’ai choisi d’appeler défiguration. Défigurer, c’est percer le voile des apparences, affronter la personne en arrachant son masque, découvrir l’identité, déformer pour mieux connaître et sentir.

Pour dire ce qui ici se fait, nous avons invité des auteurs d’horizons divers, d’autres lieux dans lesquels la défiguration comme acte trouvait un sens : la littérature (Pierre Bergounioux, ), la philosophie (Ronan de Calan), l’anthropologie (David Le Breton), le droit (Yves Mausen), la médecine (Bernard Duchauvelle), la critique d’art(Pacôme Thiellement, Christian Noorbergen), la voix de l’artiste enfin.

Sans prétendre tout dire, ces discours entrelacés aux œuvres donnent un nouveau ton, et peut-être même créent des harmonies nouvelles, étranges, où nous pourrons éprouver ce qu’il en est de nous, peut-être même ce qu’il en était bien avant ou ce qui pourrait en être si nous ne laissions pas à l’habitude, la chaîne de toutes nos pensées et de tous nos actes, le soin de définir ce que nous sommes.